Histoire de l'église

Intérieur de l'église

Son histoire

L’église Saint-Martin de Brionne s’inscrit dans la continuité de nombreux édifices chrétiens anciens, vraisemblablement fondés sur un lieu de culte païen. Sa création est liée à l’œuvre d’évangélisation menée par Martin de Tours et ses disciples à la fin du IVᵉ siècle, dans la vallée de la Risle. 
La proximité de la chapelle Notre-Dame suggère l’existence d’un ensemble cultuel mérovingien associant paroisse et monastère. 

Dès le XIᵉ siècle, l’église subit de nombreux dommages liés aux conflits, notamment lors du siège de Brionne en 1047, puis durant les luttes successorales normandes. Reconstruite au début du XIIᵉ siècle, elle est presque entièrement détruite par un incendie en 1183. 

Transformée en forteresse pendant la guerre de Cent Ans, elle est à nouveau gravement endommagée avant d’être restaurée et bénie en 1458. Pillée en 1562 et incendiée en 1772, elle traverse ensuite une période plus calme. 

Aujourd’hui, le maître-autel du Bec-Hellouin et les vitraux contemporains de Gabriel Loire illustrent le dialogue entre histoire, art et renouveau, faisant de Saint-Martin de Brionne un symbole de la résilience normande.
Façade occidentale de l'église

Architecture

L’église Saint-Martin de Brionne est le résultat d’une évolution architecturale continue du Moyen Âge à l’époque contemporaine. Ses fondements romans, datant des Xe-XIIe siècles, sont encore visibles dans la façade occidentale sobre, le clocher massif et les arcs en plein cintre du chœur, témoignant d’une volonté de solidité et de pérennité.

À partir du XIIIe siècle, l’édifice s’ouvre aux influences gothiques : le chœur et la croisée sont rehaussés, des arcs-boutants sont ajoutés et les bas-côtés remaniés, apportant plus de hauteur et de lumière. La nef conserve une remarquable voûte en bois du XVe siècle, tandis que la charpente du clocher illustre le savoir-faire médiéval.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’église évolue surtout par son mobilier, notamment avec le maître-autel classique provenant de l’abbaye du Bec-Hellouin. Les XIXe et XXe siècles voient d’importants aménagements, la transformation des accès, l’installation de l’orgue et le remplacement des vitraux après 1944. Malgré les fragilités actuelles, l’église demeure un témoin vivant de l’histoire et de l’adaptation continue de la communauté brionnaise.

Les vitraux de Gabriel Loire

Lors de la libération de Brionne en 1944, les vitraux de l'église furent soufflés par l'explosion du pont sur la Risle par les Allemands. Une commande de nouveaux vitraux à l'atelier Gabriel Loire fut faite pour les remplacer.

Il s'agit d'une série de vitraux sur l'enfance du Christ, et d'une grande verrière représentant l'arbre de Jessé au-dessus du chœur.

Etat actuel

Le manque d'entretien met en péril la survie de l'église.

Infiltrations et mauvaise gestion des eaux pluviales

Les couvertures, chéneaux et descentes d’eau sont défaillants, provoquant des infiltrations récurrentes qui dégradent maçonneries, voûtes et charpentes.

Désordres structurels du clocher et du beffroi

Les mouvements des cloches et des affaissements anciens ont entraîné fissures, désassemblages de la charpente et instabilité locale de la maçonnerie.

Dégradation générale des matériaux et nuisances biologiques

L’humidité, les mousses et surtout les pigeons (fientes acides, nids) accélèrent l’altération de la pierre, du bois et des décors intérieurs.

État sanitaire très dégradé de la sacristie

La couverture en zinc et les chéneaux mal conçus provoquent des infiltrations importantes, ayant entraîné humidité chronique, dégradations de la maçonnerie et un risque biologique avéré (mérule).
Recherche